Madagascar



Nous vécûmes deux ans à Madagascar, en 1962 et 1963. Mon père avait accepté que nous habitions, quasiment les seuls blancs, à Ambodin’Ishotry l’un des quartiers les plus pauvres de la capitale Tananarive. Autre particularité nous vivions au cinquième étage d’un des rares immeubles qui surplombait la vile et les rizières au loin. Notre mère nous donnait l’argent, mon frère Noël et moi, pour prendre le taxi et nous rendre à l’ESCA, l’école des frères canadiens. Je préférais que nous y allions à pied traversant les bidonvilles, les quartiers périphériques sans être jamais inquiétés à l’époque. L’objectif était de faire des économies pour s’acheter des illustrés et des petits soldats, prétexte pour découvrir cette ville magique avec ses collines et son marché splendide ; le Zooma.
Nous eûmes aussi l’occasion de passer à Madagascar des vacances incroyables avec nos parents et frères et sœur. A Akanin’ny Nofy d’abord près du canal des Pangalannes, où nous vécûmes dans une paillote accessible uniquement en pirogue, « dévalisant » la case du chinois égaré là, mangeant du poisson péché par les gamins de village, puis un cœur de palmier coupé dans la foret, et se baignant en « enfants sauvages » alternativement dans un lac, le canal et la mer avec un peu de crainte pour les crocodiles et les requins.
Nous eûmes aussi de belles balades du côté de Fianarantsoa, Antsirabe, Mannajara et Manakara, où mon père était heureux. Nous nous rendîmes aussi au lac Tritiva chanté par le grand poète Jacques Rabemanajara dont mon père, au titre de la coopération française, fut le collaborateur quand il fut ministre de l’économie.
C’est à Tananarive que je fis de l’escrime et du judo, mais j’étais bien peu doué. Je me souviens aussi parfaitement de ma première balade à vélo avec frère Fernand de l’ESCA et mon ami Michel Poncet pour nous rendre à une retraite mystique au milieu des arbres pour préparer notre communion solennelle. Le dimanche j’accompagnais ma mère, pourtant athée, écouter à la messe un prédicateur jésuite très âgé et très brillant.
Venu à Madagascar en bateau avec de nombreuses escales, nous en repartîmes en avion en faisant aussi escale en Egypte et en Grèce : période magique aux souvenirs éternels.



En janvier 2019 retour à Madagascar à l’incitation de Claudine. Je choisis Nosy Be pour ses retrouvailles émouvantes. Dès la sortie de l’aéroport je retrouve l’ambiance malgache et la nature magnifique. Nous nous installons à l’hôtel Vanilla, point de départ idéal pour faire du vélo, du cheval (dans la mer !), de la marche et du bateau vers les iles aux lémuriens, aux tortues, aux poissons et pour parler avec les malgaches.
Ce court séjour me donne l’envie de retourner sur la grande Ile.


